Les managers sont les décideurs, leur fonction première dans l’organisation est de prendre des décisions. La bonne appréciation est primordiale pour assurer la pérennité de l’entreprise. Dans un premier temps, ce rapport présentera les processus individuels de prise de décision “rationnelle”, puis nous soulignerons les prises de décision au sein d’un groupe. Et enfin, les décisions dans l’organisation qui par sa structure et sa culture conditionne partiellement le comportement. Ces trois niveaux d’analyse prouveront l’écart entre les décisions rationnelles et celles prisent avec les influences organisationnelles. Quelles règles doit-on suivre afin de décider efficacement ?


Les décisions rationnelles

Au sein des organisations les décisions prises font souvent appel à la rationalité, processus qui suppose une capacité constante et totale de remettre en question les comportements adoptés dans le passé, pour redéfinir en fonction de critères et d’objectifs exogènes des actions nouvelles.

Bien que cette notion puisse prendre des sens très différents selon le contexte, la plus utile et la plus intéressante pour le management est la rationalité par rapport au processus de décision. Cette dernière est considérée comme la norme souhaitable en matière de management et s’appuie sur un raisonnement logique en 5 étapes.

La prise de décision individuelle

Toutefois, les décisions individuelles peuvent-elles toujours être prises en suivant un processus rationnel ?

Tout d’abord ce processus exige une intense activité de recherche et de traitement de l’information, deux étapes indispensables qui représentent très souvent un coût non négligeable. Herbert SIMON évoque alors le principe de rationalité limitée, l’individu a naturellement tendance à s’éloigner du modèle rationnel de prise de décision dès lors que les difficultés rencontrées semblent insurmontable. Ce principe de rationalité limitée nous montre alors que le processus rationnel au sens strict est plus un idéal qu’une réalité. Bien que le processus d’attention consiste à capter l’information, ce dernier reste orienté et sélectif ce qui influence en définitif le processus de perception consistant à traiter les informations collectées.

Ainsi, il apparaît évident que l’individu a de sérieuses difficultés à suivre une démarche rationnelle car elle exige de lui une capacité de recherche et de traitement de l’information qu’il ne peut mobiliser que ponctuellement. Aussi, la plupart de nos actions quotidiennes ordinaires sont dictés par des habitudes c’est-à-dire qu’elles ne suivent pas un processus de décision rationnelle qui se traduit par une phase de réflexion et de recherche de solution. Dans ce cas, la phase de réflexion et de recherche de solution autrement appelé la délibération que l’on retrouve systématique dans le processus de décision rationnelle n’existe pas. On peut alors parler de simplification.

Enfin, une des limites importantes à la rationalité est le lien qui existe entre une action et celles qui l’ont précédée. En effet, si l’action passée conditionne largement l’action présente, alors le processus de décision s’éloigne encore une fois du modèle rationnel. Entre l’allocation sélective et orientée de l’attention, l’existence de choix généraux guidés par les habitudes et l’impact de l’action passée sur la décision futur, la rationalité des individus dans le processus de décision au sein des organisations semble très limitée. Une nouvelle question se pose alors : Le manager est-il vraiment un décideur ?

La prise de décision en groupe

La multiplication des informations et des compétences nécessaires à la résolution de problème et à la prise de décision a induit, dans les organisations modernes, la nécessité de prendre les décisions en groupe.

Les décisions de groupes présentent plusieurs avantages : premièrement, un groupe permet d’augmenter la quantité d’informations pertinentes et facilite leur traitement. De plus, la confrontation de différents points de vue se traduit souvent par une recherche de solutions plus diversifiées, cela augmente le potentiel créatif. Toutefois, les décisions de groupe comportent quelques pièges. En effet, si un Leader se dégage au sein d’un groupe, il peut l’influencer et donc détruire son potentiel créatif. Si chaque individu composant le groupe se concentre uniquement sur ses propres intérêts, la décision finale perdra de sa valeur puisque principalement composée de compromis. On observe également de potentiels problèmes avec les groupes qui fonctionnent trop bien : une telle dynamique peut se traduire par des décisions trop hâtives.

Ces pièges peuvent être évités en mettant en place certaines conditions : tout d’abord, il faut que le groupe ai le temps nécessaire pour sa réflexion. La disposition spatiale des individus doit être réfléchie, et leurs statuts ne doivent pas être mis en avant. Mettre en place des règles, lors des réunions, qui encouragent l’expression libre des différents points de vue facilite la création de valeur.

Les décisions organisationnelles

Dans une seconde mesure, les décisions organisationnelles sont différentes des décisions de groupes, les décisions en organisation ne résultent pas d’un processus précis localisé dans le temps et l’espace. Dans l’organisation l’individu est influencé par le contexte environnemental, la configuration des pouvoirs, la culture propre à l’entreprise. Les organisations structurelles sont aussi des moyens pour combler les limites naturelles de l’individu et assurer une certaine qualité dans les choix des membres.

Ce nombre de processus (et une structure hiérarchique lourde) s’écarte de la rationalité des décisions.

Le fractionnement hiérarchique est caractéristique des bureaucraties, un seul problème va être traité par plusieurs personnes ou services et va engendrer des “buts secondaires”. Le respect des règles peut conduire à des décisions non-optimales, elles sont établies de manière générale et oublient les cas particuliers et complexe. L’application trop générale débouche sur des dysfonctionnements des comportements décisionnels .

Autre point important, la politique interne influe énormément sur les individus, il en va de même pour les processus culturels.

La stratégie organisationnelle

Les situations de management dans les organisations permettent rarement une prise de décision rationnelle, pourtant souhaitable. Le décideur habile doit adapter son comportement à la situation dans laquelle il se trouve, sans méthode prédéfinie, sans se fixer une rigueur inaccessible nécessaire pour la prise de décision rationnelle. La bonne appréciation d’une situation, l’ouverture d’esprit et l’expérience permettent au décideur de prendre les meilleures décisions.

Article co-écrit par : Quentin Dupré (LinkedIn), Julien Audouze (LinkedIn) et Guillaume Guersan (LinkedIn).

La prise de décision en entreprise : Processus et rationalité
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